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Dernière mise à jour : Mars 202612 min de lecture

Pension de réversion : conditions, montant et démarches pour le conjoint survivant

Après le décès d'un conjoint retraité ou actif, le conjoint survivant peut percevoir une partie de la retraite du défunt : c'est la pension de réversion. Ce droit méconnu peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois. Conditions, montant, démarches : voici tout ce qu'il faut savoir.

Lorsqu'un conjoint décède, la situation financière du survivant peut se fragiliser considérablement. Parmi les protections prévues par le système de retraite français figure la pension de réversion : une fraction de la retraite du défunt, versée au conjoint survivant, sous certaines conditions. Ce mécanisme existe depuis des décennies mais reste mal connu des Français — notamment en ce qui concerne les conditions d'éligibilité, les démarches à effectuer et les montants auxquels on peut prétendre.

Ce guide fait le point complet sur la pension de réversion en 2025 et 2026, pour le régime général des salariés, les régimes complémentaires AGIRC-ARRCO, et les principaux régimes spéciaux.

1. Qu'est-ce que la pension de réversion ?

La pension de réversion est une prestation versée par les caisses de retraite au conjoint survivant d'un assuré décédé. Elle correspond à une fraction de la retraite que percevait — ou qu'aurait perçu — le défunt. Son objectif est de protéger financièrement le veuf ou la veuve, dont les revenus peuvent chuter brutalement après le décès de leur conjoint.

Il existe plusieurs régimes de retraite en France, et chacun a ses propres règles de réversion :

RégimeTaux de réversionCondition de ressourcesCondition d'âge
Régime général (salariés)54 %Oui55 ans
AGIRC-ARRCO (complémentaire)60 %Non55 ans
MSA (agriculteurs)54 %Oui55 ans
Fonctionnaires civils50 %NonPas de condition
RSI / Travailleurs indépendants54 %Oui55 ans

2. Qui peut en bénéficier ?

Pour le régime général des salariés, les conditions d'éligibilité sont les suivantes :

Vous avez été marié(e) avec le défunt

Le mariage est la condition sine qua non pour le régime général. La durée du mariage n'est pas prise en compte (même un mariage très court ouvre le droit).

Vous n'êtes pas ou plus remarié(e) au moment de la demande

Un remariage en cours au moment de la demande supprime le droit à réversion. Mais si vous êtes divorcé(e) d'un second mariage, vous récupérez votre droit.

Vous remplissez les conditions de ressources et d'âge

Voir les sections dédiées ci-dessous.

La pension de réversion s'applique que le défunt ait été retraité au moment du décès ou encore actif (il doit simplement avoir cotisé au moins un trimestre au régime général).

3. Condition d'âge

Depuis le 1er janvier 2009, l'âge minimum pour percevoir la pension de réversion du régime général est fixé à 55 ans. Cette condition s'applique au conjoint survivant, quel que soit l'âge du défunt au moment du décès.

Que faire si vous avez moins de 55 ans ?

Si vous êtes veuf ou veuve avant 55 ans, vous n'avez pas droit immédiatement à la pension de réversion du régime général. Vous pourrez en faire la demande dès que vous aurez atteint cet âge. En revanche, vous pouvez avoir droit à d'autres prestations :

  • L'allocation veuvage (si vous êtes âgé de moins de 55 ans et avez des ressources modestes)
  • Des aides de la CAF si vous avez des enfants à charge
  • Le capital décès de la Sécurité Sociale (voir notre guide)

4. Condition de ressources (régime général)

Pour le régime général, la pension de réversion est soumise à une condition de ressources. Vos revenus annuels (hors revenus exceptionnels) ne doivent pas dépasser un certain plafond.

SituationPlafond annuel de ressources (2025)
Personne seule24 232 €
En couple (remariage, concubinage, PACS)38 771 €

Ces plafonds sont réévalués chaque année. Sont pris en compte dans les ressources : vos revenus professionnels, vos pensions de retraite, vos revenus du patrimoine (loyers, dividendes). Ne sont pas pris en compte : les prestations familiales, l'AAH, les aides au logement, et la pension de réversion elle-même.

Pour vérifier votre éligibilité et simuler votre montant, rapprochez-vous de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) ou de votre CARSAT régionale.

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5. Montant de la pension de réversion

Le montant de la pension de réversion du régime général représente 54 % de la retraite de base du défunt (ou de la retraite qu'il aurait perçue s'il avait atteint l'âge légal de départ). Ce taux s'applique sur la pension brute du défunt.

Exemple de calcul

Si votre conjoint décédé percevait une retraite de base de 1 000 € par mois, vous êtes éligible à une pension de réversion de 540 € par mois (54 % × 1 000 €), sous réserve que vos ressources totales ne dépassent pas le plafond.

À cela s'ajoute éventuellement la réversion AGIRC-ARRCO (complémentaire) : 60 % de la retraite complémentaire du défunt, sans condition de ressources.

La pension de réversion est révisée si vos ressources évoluent. Elle peut être réduite, suspendue ou supprimée si vos revenus dépassent le plafond, et rétablie si vos ressources redescendent en dessous.

6. La réversion AGIRC-ARRCO (retraite complémentaire)

Les salariés du secteur privé cotisent obligatoirement à l'AGIRC-ARRCO, le régime de retraite complémentaire. La réversion complémentaire est nettement plus favorable que celle du régime général :

Taux : 60 % de la retraite complémentaire du défunt

Le taux est plus élevé que pour le régime de base (60 % contre 54 %).

Pas de condition de ressources

Contrairement au régime général, la réversion AGIRC-ARRCO n'est pas soumise à un plafond de ressources. Vous pouvez en bénéficier même si vous avez des revenus élevés.

Condition d'âge : 55 ans

La même condition d'âge que le régime général s'applique. En dessous de 55 ans, une allocation peut être versée sous conditions de ressources si vous avez des enfants à charge.

La demande de réversion AGIRC-ARRCO s'effectue auprès de la caisse complémentaire du défunt ou de votre caisse de retraite principale.

7. Divorce et ex-conjoint

En France, le divorce ne supprime pas le droit à la pension de réversion. Un ex-conjoint divorcé peut bénéficier de la réversion, à condition :

  • De ne pas s'être remarié(e)
  • D'avoir 55 ans ou plus
  • De respecter le plafond de ressources

Si le défunt a eu plusieurs conjoints (mariages successifs, divorce puis remariage), la pension de réversion est partagée proportionnellement à la durée de chaque mariage par rapport à la durée totale des mariages valides.

Exemple de partage entre ex-conjoint et conjoint actuel

Le défunt a été marié 10 ans avec son premier conjoint (divorcé), puis 20 ans avec son second conjoint. La réversion est partagée : l'ex-conjoint reçoit 10/30 de la réversion, le conjoint survivant reçoit 20/30.

8. PACS et concubinage : pas de droit à réversion

Point crucial à connaître

En France, le PACS et le concubinage n'ouvrent pas droit à la pension de réversion du régime général ni d'AGIRC-ARRCO. Seul le mariage crée ce droit. C'est une différence fondamentale avec les droits successoraux, qui peuvent être aménagés par testament.

Si vous êtes pacsé(e) ou en union libre, vous pouvez protéger votre partenaire autrement : assurance-vie, testament, contrat de mariage... Consultez notre guide sur testament et succession.

9. Comment faire la demande ?

La pension de réversion n'est pas automatique : vous devez en faire la demande. Voici les étapes :

1

Rassemblez les documents nécessaires

Acte de décès, acte de mariage, vos relevés de droits retraite, justificatif d'identité, RIB.

2

Faites la demande auprès de la CARSAT ou CNAV

Téléchargez le formulaire Cerfa n° 13364 auprès de votre CARSAT ou faites votre demande directement en agence.

3

Faites une demande séparée pour l'AGIRC-ARRCO

La réversion complémentaire est distincte. Contactez directement la caisse complémentaire du défunt pour faire votre demande.

10. Délais et rétroactivité

Il n'y a pas de délai légal impératif pour déposer la demande, mais il est conseillé de ne pas trop tarder. La pension de réversion est versée à partir du premier jour du mois qui suit le dépôt de la demande. Elle n'est pas rétroactive à la date du décès.

Délai de prescription : Le droit à réversion se prescrit après 2 ans à compter du décès pour le régime général (prescription biennale). Passé ce délai, vous pouvez ne plus pouvoir demander les arrérages passés, même si le droit futur subsiste.

11. Cumul avec d'autres revenus

La pension de réversion du régime général est cumulable avec :

  • Votre propre retraite personnelle
  • Des revenus d'activité professionnelle
  • Des revenus du patrimoine

Mais si l'ensemble de ces revenus dépasse le plafond de ressources, la pension de réversion est réduite ou suspendue. Elle est révisée annuellement.

La réversion AGIRC-ARRCO, en revanche, est cumulable sans plafond.

12. Cas particulier : les fonctionnaires

Les règles sont différentes pour les agents de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière) :

  • Taux de réversion : 50 % (contre 54 % dans le privé)
  • Pas de condition de ressources
  • Pas de condition d'âge minimum (le veuf ou la veuve peut percevoir la réversion dès le décès)
  • La demande s'effectue auprès du Service des Retraites de l'État (SRE) ou de la CNRACL pour la territoriale et l'hospitalière

Pour plus d'informations sur toutes les démarches administratives après un décès, consultez notre guide complet démarches administratives après un décès.

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