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Dernière mise à jour : Décembre 202510 min de lecture

Capital décès de la Sécurité Sociale : montant, conditions et démarches en 2025

Après un décès, la Sécurité Sociale peut verser une somme forfaitaire aux proches du défunt : le capital décès. Ce dispositif méconnu peut représenter plusieurs milliers d'euros d'aide pour financer les obsèques. Montant, délai, bénéficiaires, formulaire... Voici tout ce que vous devez savoir.

Dans les jours qui suivent un décès, les familles doivent faire face à une avalanche de démarches administratives et financières, souvent dans un état de choc et d'épuisement profond. Parmi ces démarches, l'une des plus importantes — et l'une des plus méconnues — est la demande de capital décès auprès de la Sécurité Sociale. Il s'agit d'une prestation forfaitaire versée aux proches d'un assuré social décédé, pour aider à faire face aux frais immédiats liés au décès, notamment les obsèques.

En 2025, le montant du capital décès peut atteindre plusieurs milliers d'euros selon le profil du défunt. Pourtant, des milliers de familles ne le demandent pas chaque année, faute d'en connaître l'existence ou les modalités. Ce guide vous explique tout, simplement.

1. Qu'est-ce que le capital décès ?

Le capital décès est une prestation versée par l'Assurance Maladie (CPAM ou MSA selon le régime d'affiliation du défunt) aux proches d'un assuré social décédé. Il s'agit d'un versement unique, forfaitaire, dont le montant est calculé sur la base du salaire ou des revenus du défunt. Son objectif est d'aider la famille à faire face aux dépenses immédiates engendrées par le décès — notamment les frais d'obsèques.

Cette prestation existe depuis les lois sociales de l'après-guerre et constitue l'un des filets de sécurité du système de protection sociale français. Elle s'applique aux salariés du secteur privé relevant du régime général, mais des mécanismes similaires existent pour les travailleurs indépendants, les agriculteurs (MSA) et parfois les fonctionnaires (selon les dispositions statutaires de leur employeur public).

À ne pas confondre avec une prestation de retraite (la pension de réversion), avec l'assurance-vie privée (dont les montants sont librement définis dans le contrat), ou avec le capital décès éventuel prévu par un accord collectif d'entreprise (qui vient en sus de la prestation de la Sécurité Sociale).

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2. Conditions pour en bénéficier

Pour que le capital décès soit versé, le défunt doit remplir certaines conditions au moment de son décès. Il doit avoir été assuré social actif — c'est-à-dire qu'au moment de son décès, ou dans les 3 mois précédant celui-ci, il devait être dans l'une des situations suivantes :

Il devait être salarié en activité, percevoir des indemnités journalières Sécurité Sociale (pour maladie, maternité, accident du travail ou maladie professionnelle), être en période de reclassement professionnel après reconversion suite à une maladie professionnelle, ou être titulaire d'une pension d'invalidité.

À noter : si le défunt était retraité uniquement (sans pension d'invalidité), le capital décès de la Sécurité Sociale ne s'applique pas. En revanche, certaines caisses de retraite complémentaire et mutuelles prévoient leur propre capital décès pour leurs affiliés — il faut donc interroger chaque organisme auquel le défunt était affilié.

Il n'y a pas de condition de résidence ou de nationalité pour les bénéficiaires — ils peuvent résider à l'étranger. En revanche, le défunt lui-même devait être affilié à un régime français de Sécurité Sociale.

3. Montant du capital décès en 2025

Le montant du capital décès est calculé sur la base du salaire journalier de base du défunt, lui-même calculé sur les 3 derniers mois de salaire précédant le décès (ou l'arrêt de travail le plus récent). Le capital correspon à 90 fois ce salaire journalier de base.

Salaire mensuel brut du défuntCapital décès approx.
1 500 €/mois (SMIC)~4 500 €
2 000 €/mois~6 000 €
2 500 €/mois~7 500 €
3 500 €/mois~10 500 €
Plafond (3,7 × plafond SS mensuel)~14 000 € (plafond 2025)

Ces montants sont des estimations. Le calcul réel dépend du salaire brut déclaré à la Sécurité Sociale. Il existe un plancher (le capital ne peut pas être inférieur à un minimum fixé par décret) et un plafond (il ne peut pas dépasser 3 fois le plafond annuel de la Sécurité Sociale divisé par 12, multiplié par 90). En 2025, le plafond mensuel de la Sécurité Sociale étant de 3 864 €, le plafond du capital décès se situe autour de 14 000 à 15 000 €.

Si le défunt percevait des indemnités journalières au moment du décès (arrêt maladie, accident de travail…), le salaire journalier de base utilisé pour le calcul est celui des IJ, pas le dernier salaire. Cela peut donner des montants légèrement différents.

4. Qui sont les bénéficiaires ?

Le capital décès n'est pas automatiquement versé à tous les proches — il existe une hiérarchie des bénéficiaires et des conditions spécifiques pour chaque catégorie. La loi distingue les bénéficiaires prioritaires (qui ont priorité même s'il existe d'autres ayants droit) et les bénéficiaires non prioritaires.

Bénéficiaires prioritaires : le conjoint (marié) ou le partenaire de PACS qui vivait avec le défunt au moment du décès, les enfants à charge du défunt, et les ascendants à charge (parents, grands-parents) qui vivaient sous le même toit et étaient financièrement dépendants du défunt. Ces personnes ont un droit prioritaire, quelle que soit la situation des autres proches.

Bénéficiaires non prioritaires : en l'absence de bénéficiaires prioritaires, le capital décès peut être versé aux personnes qui étaient à la charge effective, totale et permanente du défunt, même sans lien de parenté. Le concubin non pacsé peut en faire partie, s'il était effectivement à charge. À défaut de tous ces bénéficiaires, le capital revient aux ascendants et descendants non à charge.

Cas du concubin : le concubin simple (non marié, non pacsé) n'est pas automatiquement bénéficiaire. Il peut l'être uniquement s'il peut prouver qu'il était financièrement à charge du défunt. Cette preuve peut être difficile à apporter. Si votre situation est celle d'un concubinage, pensez à régler ce point en amont — soit par un PACS, soit par une assurance-vie avec le partenaire comme bénéficiaire désigné.

5. Comment faire la demande concrètement ?

La demande de capital décès se fait auprès de la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) dont dépendait le défunt — c'est-à-dire la CPAM de son lieu de résidence ou de son dernier lieu de travail. Si le défunt était affilié à la MSA (Mutualité Sociale Agricole), c'est auprès de cette caisse qu'il faut faire la demande.

Le formulaire à utiliser est le Cerfa n° 10435 (intitulé « Demande de capital décès »), disponible en ligne sur ameli.fr ou directement à la CPAM. Ce formulaire demande vos coordonnées de bénéficiaire, votre lien avec le défunt, et les informations nécessaires pour calculer le montant.

Les pièces justificatives à joindre incluent généralement : la copie intégrale de l'acte de décès, votre pièce d'identité, un justificatif de votre lien avec le défunt (livret de famille, acte de mariage, acte de PACS…), et un relevé d'identité bancaire pour le virement. Si vous êtes bénéficiaire non prioritaire (à charge), des justificatifs supplémentaires seront demandés pour prouver cette situation de dépendance.

La demande peut être envoyée par courrier recommandé avec accusé de réception, déposée directement au guichet de la CPAM, ou dans certains cas soumise en ligne via ameli.fr. Une fois la demande complète reçue, la CPAM dispose d'un délai d'un mois pour statuer et verser le capital.

6. Délais absolument à respecter

C'est le point le plus critique à retenir de ce guide : la demande de capital décès doit être faite dans un délai maximal de 2 ans à compter du décès. Passé ce délai, le droit s'éteint définitivement et la CPAM n'est plus tenue de verser la prestation.

Deux ans peut sembler un délai long. Mais dans la réalité, les familles endeuillées sont souvent débordées pendant les premiers mois, puis oublient cette démarche. Il n'existe aucune procédure de rappel automatique de la CPAM — c'est aux bénéficiaires d'agir. Notez donc cette date dès les premières semaines du deuil, ou mieux encore : faites la demande dans les premières semaines, dès que vous avez rassemblé les documents nécessaires.

En revanche, si plusieurs bénéficiaires prioritaires existent, la CPAM versera le capital au premier qui en fait la demande — les autres n'auront alors plus droit à rien. Il est donc important que les bénéficiaires prioritaires se coordonnent rapidement sur cette question.

7. Cumul avec d'autres prestations

Le capital décès de la Sécurité Sociale peut être cumulé avec la grande majorité des autres prestations liées au décès. Il est cumulable avec la pension de réversion du régime de retraite du défunt (sous conditions de ressources), avec l'allocation veuvage (pour les conjoints sous un certain plafond de ressources), et avec le capital décès éventuellement prévu par le contrat de prévoyance collectif de l'employeur du défunt.

Il est également cumulable avec toute assurance-vie ou assurance obsèques souscrite à titre privé. Ces contrats d'assurance privés sont totalement indépendants du régime obligatoire.

En cas de décès lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle, des prestations spécifiques s'ajoutent : rente aux ayants droit, majoration du capital décès, prise en charge des frais funéraires par l'employeur dans certains cas. Ces droits supplémentaires méritent d'être vérifiés auprès de la CPAM si le décès est lié au travail.

8. En cas de refus ou de litige

Si la CPAM refuse votre demande de capital décès — parce que le défunt ne remplissait pas les conditions, parce que vous n'êtes pas reconnu comme bénéficiaire, ou pour toute autre raison — vous pouvez contester cette décision.

La première étape est de saisir la Commission de Recours Amiable (CRA) de la CPAM, dans un délai de 2 mois à compter de la notification de refus. Cette commission réexamine votre dossier. Si le refus est confirmé, vous pouvez alors saisir le pôle social du Tribunal judiciaire du lieu de votre domicile.

Pour ce type de litige, une association de consommateurs spécialisée en droits des assurés sociaux peut vous aider à constituer votre dossier de recours. L'aide juridictionnelle est également accessible si vos ressources sont modestes.

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